Une traversée radiophonique autour de l’amour, portée par le mythe d’Orphée et Eurydice en 24 épisodes.
Ce marathon s’est déroulé de l’aube à l’aube du samedi 27 septembre au dimanche 28 septembre 2026
dans l’atelier de FAR WEST, 161 venelle Romain Rolland à Kerity - Penmarc’h en Finistère.
Pièces sonores, conversations, performances, concerts et expérimentations se répondent pendant vingt-quatre heures.
MATIN
Le comité éditorial de Radio Far West ouvre ces vingt-quatre heures de programmation et présente l’esprit de cette édition. Laurent Charreyron, Anne-James Chaton, Manuel Coursin, Françoise Lebeau et David Sanson composent cette introduction collective. Le programme s’articule notamment autour du mythe d’Orphée et Eurydice, qui traverse la journée comme un récit en vingt-quatre épisodes, entre créations sonores, littérature, musique et arts visuels.
Une première variation sonore sur la naissance d’Orphée et l’émergence de sa voix. Cette pièce a été réalisée dans le cadre d’un workshop organisé en septembre 2025 au Centre national de création adaptée de Morlaix, réunissant l’équipe de Catalyse et des étudiant·es de l’EESAB de Quimper. Plusieurs créations personnelles et collectives sont nées de cet atelier, animé par David Sanson, Anne-James Chaton, Manuel Coursin, Christine Lapostolle et Françoise Lebeau. Anne-James Chaton assure la réalisation de ce premier épisode.
Et si le mythe d’Orphée racontait une histoire différente de celle que nous croyons connaître ? Laurent Charreyron reçoit Pierre Bayard et Zoé Angelis pour rouvrir l’enquête. Professeur émérite de littérature française à l’Université Paris 8 et psychanalyste, Pierre Bayard développe une approche littéraire inspirée de la critique policière. Zoé Angelis, diplômée de l’Université de droit d’Athènes et docteure en littérature de l’UCL et de Cambridge, participe à cette contre-enquête consacrée aux « cold cases » de la Grèce antique.
Manon Carpentier raconte la première rencontre entre Orphée et Eurydice et les premiers instants de leur histoire d’amour. Manon Carpentier, autrice du texte, expérimente des techniques de bruitage en direct pour cette création enregistrée au CNCA de Morlaix.
Depuis l’âge de quinze ans, la réalisatrice et cinéaste Séverine Vermersch filme les personnes qu’elle aime, les hommes et les femmes qui traversent sa vie. Elle revient ici sur ces images et sur les histoires qu’elles racontent, interrogeant ce que le temps transforme, ce que les souvenirs conservent et ce qui continue de résonner lorsque l’on regarde à nouveau les traces laissées par les êtres aimés.
Un texte de Mahmoud Darwich porté par la voix de Mayya Sanbar. Le Jardin endormi, traduit en français par Elias Sanbar, est ici donné dans le cadre du Mahmoud Darwich Poetry Day, initié par le Centre Pompidou et l’Institut du Monde Arabe. La lecture fait résonner la poésie amoureuse de Darwich avec le fil rouge de cette journée consacrée à Orphée et Eurydice : amour, absence, désir et disparition.
Kay Sage et Yves Tanguy, Alma Mahler et Oskar Kokoschka : deux couples d’artistes, quatre destins marqués par l’amour, la création et, chacun à leur manière, par le Finistère. Alexandra Duprez, artiste peintre, échange avec David Sanson autour de ces histoires de couples et de création. La conversation est accompagnée d’une brève pièce radiophonique qui prolonge cette réflexion sur les relations entre vie intime et œuvre artistique.
Les premiers signes de la catastrophe apparaissent. Dans Présages, Aude Rabillon compose une pièce traversée par les rêves inquiétants et les avertissements divins qui annoncent la tragédie d’Orphée et Eurydice. La compositrice et électro-acousticienne travaille ici sur les signes avant-coureurs du drame et sur la manière dont le son peut faire surgir une menace avant même qu’elle ne soit nommée.
En partenariat avec la Maison de la Poésie de Nantes et le festival MidiMinuitPoésie#26.
La « new romance » est devenue un phénomène éditorial majeur. Thierry Gounaud et Catherine Marin proposent un état des lieux de cette nouvelle coqueluche littéraire, entre succès commercial, représentations de l’amour et débats féministes. Thierry Gounaud anime la librairie L’Atlantide à Penmarc’h ; Catherine Marin est également libraire et engagée dans les luttes féministes. Ensemble, ils interrogent ce que ces romans disent des attentes contemporaines en matière de désir et de relations amoureuses.
Quelle est votre chanson d’amour préférée ? À Penmarc’h, durant l’été 2026, Éric Thomas et Aurélie Brousse sont allés poser cette question aux passant·es. Refus, hésitations, souvenirs, émotions et réponses spontanées composent un collage musical et documentaire. Les deux créateur·ices sonores font entendre une parole quotidienne sur l’amour et la mémoire, en laissant les voix, les chansons et les silences raconter ce que chacun associe à une histoire d’amour.
APRÈS-MIDI
Jérôme Lacéna - percussionniste, tablas ; Sylvain Frydman - clarinettiste ; Philippe Coralie - percussionniste, darbouka ; Igor Kleinhaus - gong et instituteur de cette classe
Pour accompagner l’épisode de la morsure du serpent, les écoliers de CM1-CM2 de l’école Thomas Donnard de Saint-Guénolé interprètent Aie confiance, crois en moi !, célèbre chanson du Livre de la jungle. Sous la direction de Marion Perrier, directrice musicale et cheffe de chœur, les enfants sont accompagnés par plusieurs musiciens. Le chant du serpent Kaa devient ici une invitation à jouer avec la séduction, l’hypnose et le danger.
La collecte de chansons d’amour réalisée à Penmarc’h se poursuit. Aurélie Brousse et Éric Thomas donnent à entendre les voix de celles et ceux qu’ils ont rencontrés pendant l’été 2026. Les témoignages oscillent entre refus, émotion, mémoire et souvenirs personnels. À partir de cette matière documentaire, les deux créateur·ices sonores composent une mosaïque où les chansons deviennent autant de marqueurs intimes, capables de faire surgir une époque, une personne ou une histoire.
Stephan Mathieu - musicien et ingénieur du son)
Orphée est désormais confronté au deuil et à l’obsession de la mort. Sa musique se fait plus sombre. Fed up with death traduit cet état d’effondrement et cette colère dirigée contre la disparition. Le morceau est porté par That Summer, projet musical de David Sanson, avec Nicolas Jorio aux synthétiseur Juno et guitare baryton, Étienne Bonhomme au mixage et Stephan Mathieu au mastering.
Laurent Charreyron réunit plusieurs invité·es pour un jeu d’écriture et d’improvisation autour de l’amour. Sur le modèle des exercices oulipiens des Papous dans la tête, les participant·es sont invité·es à jouer avec les mots, à détourner les formules et, pourquoi pas, à composer en direct une chanson d’amour. Une émission collective où l’écriture devient jeu, où les contraintes font surgir des associations inattendues et où la parole peut se transformer en musique.
Ira, ira pas ? Retournera, retournera pas ? Catherine Viollet et François Lucas construisent une histoire d’allers et de retours entre le souterrain et l’aérien, l’arbre et l’art, la sève et la pensée. La pièce fait dialoguer peinture, musique et empreintes végétales, avec une évocation de l’œuvre de Giuseppe Penone. Une variation libre sur la décision d’Orphée de franchir la frontière entre les vivants et les morts pour retrouver Eurydice.
Quentin Mevel, critique cinéma, met en dialogue Jeanne Delafosse et Virginie Barré, deux réalisatrices de générations différentes qui vivent toutes deux à Douarnenez. Leur conversation porte sur leurs projets de comédies musicales consacrées à la conjugalité. Entre cinéma, musique, mise en scène et récits de couple, elles explorent les possibilités d’un genre où la parole amoureuse peut passer par le chant et où les relations conjugales deviennent matière à fiction.
Seabard est une rencontre avec un paysage, au bord des abîmes comme Orphée se tient au bord des enfers. On y marche en laissant le sol, le ciel, le temps et les éléments exercer leur influence. Le déplacement devient une manière d’apprendre à regarder, écouter et écrire. Cette création est issue d’un atelier mené par Eimer Birkbeck enseignante à l’EESAB de Quimper, avec Lizzie Lowe et Eva Huchet, étudiantes.
Pendant qu’Anne-James Chaton livre une description méticuleuse des parades amoureuses, Manuel Coursin réunit quatre amateurs de bruitage comme lui pour accompagner sonorement ce poème. Sons, mots, rythmes et bruitages font apparaître une galerie de stratégies de séduction où les comportements animaux deviennent matière à la création d’un univers bruissant.
Deux personnes tentent de mettre en scène un Orphée instable dans un paysage qui semble leur résister. Pourtant, quelque chose tient : les voix chantent, la lumière apparaît, les animaux sont présents et la nature continue de vibrer. Christelle Lapostolle et Anne de Sterk construisent un monde fragile où les mots permettent aux narratrices de maintenir debout, pour quelques instants, un paysage menacé de disparition.
Aurélie Brousse et Lucie Robet revisitent le passage d’Orphée vers le royaume des morts. Dans leur fiction radiophonique, le héros traverse le Styx à bord de la barque de Charon. La référence mythologique devient une traversée contemporaine, où la frontière entre fiction et réalité est volontairement brouillée. Les créatrices radio jouent avec cette ambiguïté et revendiquent toute ressemblance avec des faits réels.
Pierre-Yves Macé, Yveline Méhat
Rodolphe Burger a rendu hommage à Mahmoud Darwich avec Le cantique des cantiques. Mayya Sanbar, fille d’Elias Sanbar, principal traducteur français du poète, a connu Darwich intimement. Au micro de David Sanson, ils évoquent leur relation à son œuvre, à sa poésie amoureuse et à la traduction. Un entretien coproduit par Radio FarWest et le Mahmoud Darwich Poetry Day porté par le Centre Pompidou et l’Institut du Monde Arabe dans le cadre de Saison Méditerranée 2026.
David Christoffel explore les frontières entre musique, langage et enfer. Si la musique peut apaiser en détachant les voyelles, l’enfer pourrait devenir l’espace où les consonnes se défont définitivement. Les portes d’Hadès prennent alors la forme de ventilateurs qui brassent l’air de la séduction jusqu’à le rendre inquiétant. Les mots se disloquent, la mesure vacille et le langage accompagne Orphée au seuil du monde des morts.
Quentin Mevel échange avec la réalisatrice Laïs de Caster sur la place de l’amour dans les documentaires qu’elle a réalisés. La conversation s’intéresse notamment à Carwash, film dans lequel elle filme à nouveau sa sœur. Comment filmer les proches ? Comment faire entrer l’intime dans un récit documentaire ? Et comment le cinéma transforme-t-il la relation amoureuse, familiale ou fraternelle lorsqu’il choisit de la regarder ?
Avant d’atteindre le royaume des morts, Orphée erre dans le Tartare où il croise les esprits maudits. La culture pop et particulièrement l’univers des jeux vidéos qui ont beaucoup emprunté à la mythologie sont des réservoirs dans lesquels Cécile Druet et Lucien Prunenec en charge cet épisode puisent allègrement.
Qu’est-ce qu’un amour retenu ? Quelles forces traversent un sentiment qui ne trouve ni résolution ni conclusion ? Marie-Pierre Bonniol, commissaire d’exposition et artiste, explore les dynamiques d’un amour qui demeure en suspens. Elle dessine les lignes d’un sentiment qui ne se résout pas et s’intéresse aux espaces qui apparaissent dans les plis, les silences et les zones inachevées de la relation amoureuse.
SOIRÉE
Orphée doit désormais résister aux séductions de l’oubli. Laurent Charreyron expérimente pour la première fois la création radiophonique et s’associe au compositeur Philippe Le Goff pour construire cet épisode. Entre voix, matière sonore et musique, la pièce interroge ce qui arrive lorsque la mémoire devient elle-même une épreuve : oublier pourrait permettre de survivre, mais ce serait aussi renoncer à celle que l’on cherche à retrouver.
Laurent Fievet présente Breaking up, un ensemble de plus de 250 boucles vidéo réalisées à partir d’extraits de films de fiction de genres, d’époques et d’origines différentes. Leur point commun : la présence de vases, pichets ou bibelots brisés. Certaines bandes-son sont diffusées dans Radio Far West avant une conversation autour de ce projet qui transforme la destruction d’objets en motif visuel, sonore et poétique.
Fanny Testas et Rose Felicity se sont rencontrées au Conservatoire de Pantin, où elles étudiaient l’électroacoustique. Leur création part d’un épisode du mythe dans lequel le chant d’Orphée parvient à apaiser la colère des Érinyes. Elles mettent en regard cette histoire avec leurs propres expériences de la vengeance, de la colère et de l’apaisement. Le mythe devient ainsi un point de départ pour raconter une relation artistique et une expérience partagée.
Vefa Lucas - graphiste et enseignante à l’EESAB de Lorient
Projet collectif porté par des étudiant·es de l’École d’art de Lorient, J.S.A.F.D.V. est né pendant la semaine de la Saint-Valentin 2026. Photographie, texte et performance sonore explorent les multiples formes de l’amour : ce qui se montre, ce qui se dissimule et ce qui échappe. Fragments intimes et voix composent une matière à chercher, éprouver et interpréter. Au programme : lectures et performances autour de différentes manières d’adresser l’amour à l’autre.
et Juliette de Massy - chanteuses
Devant Hadès et Perséphone, Orphée doit convaincre les souverains du royaume des morts de lui rendre Eurydice. Pierre-Yves Macé imagine un plaidoyer musical où la voix et les instruments prennent en charge l’émotion du personnage. Chanteuses et violoncelle participent à cette scène décisive du mythe, lorsque la musique devient le seul moyen dont dispose Orphée pour obtenir ce qu’il désire.
Anne-James Chaton et David Sanson, rejoints par Pierre-Yves Macé, s’attaquent à un sommet de la poésie amoureuse : les sonnets de Pétrarque à Laure. Le projet met en regard la poésie sonore, la musique et les nombreuses œuvres musicales inspirées par ces textes. Les différentes matières sont recomposées en un hymne à l’amour autant qu’en une entreprise de déconstruction des formes traditionnelles de la déclaration amoureuse.
L’accord est obtenu : Eurydice peut suivre Orphée hors des Enfers, mais à une condition absolue. Il ne devra pas se retourner. Claudine Simon compose cette étape décisive du récit, lorsque l’espoir de retrouver l’être aimé se transforme en épreuve. La musique accompagne la tension de cette marche où chaque pas rapproche les deux amants de la lumière tout en faisant peser sur eux la menace du regard interdit.
Alexandra Duprez partage les chansons d’amour tristes qui l’accompagnent depuis longtemps. Peintre installée à Douarnenez, elle raconte les liens personnels qu’elle entretient avec ces morceaux et compose une playlist pensée comme une expérience collective d’écoute. Souvenirs, mélancolie et histoires d’amour se mêlent au fil des chansons. Une émission conçue pour faire palpiter les cœurs et rappeler combien certaines voix et certaines mélodies restent attachées à nos propres histoires.
Deux paysages se répondent : l’un clair, presque clinique, comme un scan plein d’espoir ; l’autre mental, inquiet et traversé de tensions. Manuel Coursin compose une pièce où ces deux espaces semblent accompagner la marche d’Orphée vers la sortie des Enfers. La voix de Margot Viala, enregistrée sans répétition, ajoute une dimension fragile et immédiate à cette création sonore centrée sur l’attente et l’espoir.
Impossible d’imaginer ces vingt-quatre heures de radio sans un hommage à Catherine Ringer. Manuel Coursin propose un montage-hommage d’après le film de Jean-Luc Godard Soigne ta droite. Cette composition de dernière minute trouve tout naturellement sa place dans le fil de la programmation et fait l’objet d’une diffusion en deux temps : avant et après le Banquet des déclarations.
Véronique Briel et Stéphane Butet, Véronique Fèvre et les convives anonymes du banquet
À l’initiative de Françoise Lebeau, le studio de Radio FarWest abrite un banquet d’exception. Les convives sont invité·es à faire leur déclaration d’amour en chantant leur plus belle chanson. Le dispositif ouvre largement la scène aux voix, quelles qu’elles soient, chants d’amateur.ices, répétées ou improvisées toutes les chansons sont permises. Après les nombreuses variations du mythe d’Orphée et Eurydice, ce banquet propose une expérience collective et directe : prendre la parole, choisir une chanson et la dédier à quelqu’un.
Deuxième partie de l'hommage à Catherine Ringer réalisé par Manuel Coursin.
Eurydice s’installe dans le silence tandis qu’Orphée commence à perdre confiance. Dans cette deuxième composition musicale de Manuel Coursin pour le récit, le doute gagne progressivement les personnages. La musique devient l’espace de cette inquiétude : Orphée avance sans savoir si Eurydice est toujours derrière lui, alors que l’interdit de se retourner devient de plus en plus difficile à supporter.
Arnaud Saury explore la déclaration amoureuse en empruntant les mots des autres. Il dit, chante ou fredonne des phrases d’amour qui ne lui étaient pas nécessairement destinées, convoquant une cohorte de chanteurs, de crooners et de personnages réels ou imaginaires. Avec Alexandre Maillard et Manuel Coursin, il transforme cette collection de déclarations en une performance sur l’amour, l’emprunt, l’identité et la transmission.
Lucille Bichon part d’un moment de sa vie pour construire une pièce sonore sur la relation à l’autre. Elle enregistre ses réflexions, les condense en un texte et les accompagne de synthétiseur et de batterie. Le résultat questionne la difficulté de créer du lien lorsque les existences demeurent profondément différentes. Une pièce intime qui fait de l’altérité une matière sonore et poétique.
Le film Rester vertical d’Alain Guiraudie, est audiodécrit en direct depuis le studio de Radio Far West pour les auditeurs qui ne peuvent pas accéder aux images. Arnaud Saury fait confiance à la densité sonore du film et l’accompagne par touches. Manuel Coursin le rejoint pour cette expérimentation qui prolonge la réflexion de la journée sur les liens entre image, voix, présence et absence, en faisant de la radio un espace d’accès partagé au cinéma.
NUIT
C’est le moment le plus emblématique du mythe : Orphée se retourne et Eurydice disparaît pour toujours. Mickaël Batalla revient sur cette scène où l’amour, le désir de vérifier et l’impossibilité de faire confiance conduisent à la catastrophe. La pièce marque le basculement définitif du récit : après avoir franchi les Enfers et obtenu la possibilité de retrouver Eurydice, Orphée la perd à nouveau par un seul regard.
Tournerie est une improvisation pour guitare et bande magnétique qui ouvre un espace sonore propice aux images et aux associations libres. Florian Stéphant et Éric Thomas suivent le chemin du son à travers une partie de la nuit, comme Eurydice suit la lyre d’Orphée en direction de la lumière. Guitare, bande et improvisation construisent une traversée sans itinéraire fixe, où la matière sonore devient le véritable récit.
Après la disparition définitive d’Eurydice, Orphée se retrouve seul. Hurting Song traduit cet effondrement par une chanson dont l’humeur est à la mesure de son désespoir. La voix et la musique deviennent les traces d’un personnage qui ne peut plus retrouver celle qu’il aimait et dont le chant, jusqu’ici capable de franchir les frontières entre les mondes, semble désormais ne rencontrer que le vide.
étudiant·es de l’EESAB de Quimper
Cette émission témoigne du workshop organisé en septembre 2025 autour du mythe d’Orphée et Eurydice. Anne-James Chaton, Manuel Coursin, David Sanson, Christine Lapostolle et Françoise Lebeau ont réuni les acteur·ices de Catalyse et des étudiant·es de l’EESAB de Quimper pour travailler collectivement sur l’écriture, la voix et la création sonore. Le résultat fait entendre une communauté de voix et différentes manières d’aborder l’amour, le mythe et la création radiophonique.
Avoir cinq, dix, vingt ou trente ans de différence avec son partenaire : qu’est-ce que cela change dans une relation ? David Sanson inaugure avec cette émission une série de « portraits de couples » destinée à se développer de manière collective et participative. Les relations hétérosexuelles comme homosexuelles sont envisagées à travers la question de l’écart d’âge, des rapports de force, de l’asservissement éventuel mais aussi de l’enrichissement que peut produire la différence.
Orphée erre parmi les vivants et repousse désormais l’amour des femmes. Tristan Quentin, comédien de Catalyse et trompettiste, compose pour cet épisode un slam inédit. La pièce prolonge la solitude d’Orphée après la perte d’Eurydice et transforme son refus du lien amoureux en parole rythmée. Le personnage mythologique devient une figure de l’impossibilité à aimer après avoir perdu celle qu’il voulait sauver.
Avant de poursuivre vers les derniers épisodes du mythe, le comité éditorial propose une vaste récapitulation de l’histoire d’Orphée et Eurydice. Cette séquence permet de retrouver les différentes étapes déjà traversées : naissance du poète, rencontre, amour, disparition, descente aux Enfers, rencontre avec les morts et retour parmi les vivants. Une manière de recomposer le récit après plusieurs heures de radio et de préparer son dénouement.
ET MATIN À NOUVEAU
C’est le moment le plus emblématique du mythe : Orphée se retourne et Eurydice disparaît pour toujours. Mickaël Batalla revient sur cette scène où l’amour, le désir de vérifier et l’impossibilité de faire confiance conduisent à la catastrophe. La pièce marque le basculement définitif du récit : après avoir franchi les Enfers et obtenu la possibilité de retrouver Eurydice, Orphée la perd à nouveau par un seul regard.
Tournerie est une improvisation pour guitare et bande magnétique qui ouvre un espace sonore propice aux images et aux associations libres. Florian Stéphant et Éric Thomas suivent le chemin du son à travers une partie de la nuit, comme Eurydice suit la lyre d’Orphée en direction de la lumière. Guitare, bande et improvisation construisent une traversée sans itinéraire fixe, où la matière sonore devient le véritable récit.
Après la disparition définitive d’Eurydice, Orphée se retrouve seul. Hurting Song traduit cet effondrement par une chanson dont l’humeur est à la mesure de son désespoir. La voix et la musique deviennent les traces d’un personnage qui ne peut plus retrouver celle qu’il aimait et dont le chant, jusqu’ici capable de franchir les frontières entre les mondes, semble désormais ne rencontrer que le vide.
étudiant·es de l’EESAB de Quimper
Cette émission témoigne du workshop organisé en septembre 2025 autour du mythe d’Orphée et Eurydice. Anne-James Chaton, Manuel Coursin, David Sanson, Christine Lapostolle et Françoise Lebeau ont réuni les acteur·ices de Catalyse et des étudiant·es de l’EESAB de Quimper pour travailler collectivement sur l’écriture, la voix et la création sonore. Le résultat fait entendre une communauté de voix et différentes manières d’aborder l’amour, le mythe et la création radiophonique.
Avoir cinq, dix, vingt ou trente ans de différence avec son partenaire : qu’est-ce que cela change dans une relation ? David Sanson inaugure avec cette émission une série de « portraits de couples » destinée à se développer de manière collective et participative. Les relations hétérosexuelles comme homosexuelles sont envisagées à travers la question de l’écart d’âge, des rapports de force, de l’asservissement éventuel mais aussi de l’enrichissement que peut produire la différence.
Orphée erre parmi les vivants et repousse désormais l’amour des femmes. Tristan Quentin, comédien de Catalyse et trompettiste, compose pour cet épisode un slam inédit. La pièce prolonge la solitude d’Orphée après la perte d’Eurydice et transforme son refus du lien amoureux en parole rythmée. Le personnage mythologique devient une figure de l’impossibilité à aimer après avoir perdu celle qu’il voulait sauver.
Deux classes de sixième du Pré-Saint-Gervais, accompagnées par leur professeure de français Chloé Delaporte, interrogent l’éthique du mythe d’Orphée et Eurydice et les questions métaphysiques qu’il soulève. Les élèves de CM1-CM2 de l’école Thomas Donnard de Saint-Guénolé imaginent quant à eux d’autres fins possibles à cette histoire tragique. Rosa Dekel, neuf ans, complète ce parcours par une expérience d’écriture poétique et une chanson consacrée à l’amour.
Comment faire le deuil de l’amour lorsque l’autre décide de la fin, lorsque l’on doit soi-même accepter de renoncer ou lorsque la mort ne laisse aucune possibilité de discussion ? Cécile Druet et Lucien Prunenec confrontent leurs propres expériences aux témoignages qu’ils ont recueillis. Entre conversation, performance et création sonore, ils cherchent les gestes et les mots qui permettent de recommencer après la disparition d’un amour.
Sous l’alias toufff, Mike Lelièvre développe une pratique musicale fondée sur les machines électroniques, anciennes, modernes ou bricolées, les captations de terrain, les boucles et les bruits blancs. Fraîchement diplômé des Beaux-Arts de Quimper, il construit des morceaux où les textes narrés ou chantés se situent dans une zone volontairement trouble. Pour Pop Culture, il choisit de déclarer son amour aux choses infimes et aux petites présences qui échappent habituellement au regard.
En 2003, Sylvain Prunenec créait Effroi, une pièce inspirée du dernier chapitre de la vie d’Orphée, démembré par les Bacchantes, sa tête jetée dans le fleuve continuant pourtant de chanter. Pour Radio FarWest, il revisite ce solo à partir du texte de Célia Houdart et accompagné par le musicien Éric Thomas. Le chant et la poésie deviennent la manifestation ultime d’une identité qui survit à la disparition du corps.
élèves de CM1-CM2 (Saint-Guénolé) ; Rosa Dekel - jeune poète
Le vingt-quatrième et dernier épisode referme le parcours consacré à Orphée et Eurydice. Après la perte, le deuil, le retour parmi les vivants et la mort d’Orphée, le récit s’ouvre sur une réunion dans l’au-delà. Cet ultime épisode constitue le point d’arrivée symbolique de la traversée : après avoir exploré pendant vingt-quatre heures l’amour, la disparition, la mémoire, le regard et la création, le mythe retrouve les deux amants dans un espace où les frontières entre les vivants et les morts peuvent enfin être abolies.
Merci aux artistes, aux habitants de Penmarc’h, aux auditeurs d’avoir suivi cette odyssée de 24 heures de Radio FarWest ; une programmation conçue comme une traversée collective des mythes, des voix, des paysages et des formes contemporaines de l’amour. D’Orphée et Eurydice aux chansons populaires, de la poésie aux arts visuels, du documentaire à la performance, la radio fait dialoguer artistes, étudiant·es, chercheur·euses, libraires, musicien·nes, comédien·nes et auditeur·ices.
Radio FarWest
En collaboration avec l'École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne
Nous remercions les professeures Eimer Birkbeck, Christine Lapostolle et Anne de Sterk pour l'antenne de Quimper
Véfa Lucas et Anne-Lise Broyer pour l'antenne de Lorient
ainsi que toustes les étudiant.es qui ont activement participé à la réalisation de Radio FarWest.
En collaboration avec le Centre National pour la Création Adaptée de Morlaix
Nous remercions son directeur Thierry Seguin et son équipe
ainsi que toute l'équipe de la troupe Catalyse ;
En partenariat avec la Maison de la Poésie de Nantes et le festival MidiMinuitPoésie#26
Nous remercions leurs équipe ainsi que Nantes Métropole et l'entreprise Chézine
En partenariat avec le Mahmoud Darwich Poetry Day
à l'initiative du centre Georges Pompidou
qui se déroulera cette année le samedi 26 septembre à l'Institut du Monde Arabe.
En partenariat avec le festival Longueurs d'Ondes
Nous remercions chaleureusement les habitant-es de la commune de Penmarc'h pour leur engagement à nos côtés et l'accueil des invité-es.
Merci également aux publics de FAR WEST qui contribuent par leurs dons à ses activités !